Association
Fonctionnement de l'association

L'association est composée de l'orchestre d'harmonie et de son l'école de musique. Cette association loi 1901 à but non lucratif est gérée par un Conseil d'Administration. Un président, un vice-président, un trésorier et une secrétaire  composent le bureau. Cinq personnes composent le reste du conseil. Un tiers du conseil est renouvelé tous les ans lors d'un vote à bulletin secret qui a lieu au moment de l'Assemblée Générale. A l'issue du vote, les membres du conseil doivent élire le bureau qui lui est renouvelé tous les ans.Tous les membres du conseil d'administration sont élus pour une durée de 3 ans renouvelables.

L'orchestre d'harmonie et l'école de musique sont conduits par le directeur. Celui-ci est choisi par le conseil d'administration sur concours. Il est salarié de l'association tous comme les professeurs qui eux, sont choisis par le directeur et validés par le conseil d'administration. Le directeur a en charge la gestion administrative et technique de l'école de musique ainsi que la direction musicale de l'orchestre d'harmonie.

L'association à but culturel est subventionnée par les communes de Megève, Demi-Quartier ainsi que par le conseil général. Viennent ensuite les différents dons des membres honoraires, des quêtes de concerts.

 
Historique

DECENNIES D'HARMONIE

Jadis fanfare, aujourd'hui orchestre d'harmonie, l'histoire de la musique municipale s'inscrit au coeur du village, auquel elle donne sa pulsation depuis bientôt deux siècles. Petite chronologie en accéléré.

AU XIXè, DEJA

1838 marque la fondation officielle de la musique de Megève.
Trois documents conservés par des musiciens de l'actuel orchestre témoignent d'une certaine activité musicale dans le Megève du XIXème siècle. Les archives du Festival des musiques du Faucigny nous apprennent qu'une vingtaine de formations, parmi lesquelles Megève, prirent part le 12 juillet 1863 à la réunion des musiques du Faucigny. Une correspondance privée datée de 1869 évoque la fête de la Saint-Jean, animée cette année-là par la musique du village. Enfin, l'annuaire de la Haute-Savoie, dans son édition de 1879, mentionne le nom du président de la musique de Megève: Alfred Grange. 

SCISSION

Au début du XXème siècle, la séparation officielle de l’Eglise et de l’Etat se répercute jusqu'à Megève, où la musique municipale se fractionne en deux sociétés distinctes. On surnomme « musique sacrée » et « sacrée musique » ces deux ensembles, composés chacun d’une trentaine de musiciens (pour une population totale de 1800 habitants) et se livrant une concurrence acharnée. Pour contrer la première, qui se réclame de l’église, la seconde, à caractère « laïc », n’hésite pas à donner ses concerts devant l’église, à l’heure de la messe.

SOLEILS ET NUAGES

La plupart des musiciens du village ne reviendront pas de la Grande Guerre. Il est bien difficile de relancer la musique, amputée d'une grande partie de ses membres, mais la vie reprend le dessus. Un dénommé Bussini assure la direction de la société pendant une dizaine d'années, avec pour président Francis Tissot. En 1930, il confie les rênes à un jeune architecte qui s'est installé dans la station. Musique et architecture sont les deux passions d'Henri Pierret, qui s'apprête à écrire une grande page de l’histoire de la musique locale, dont il va également gérer la trésorerie avec un soin méticuleux.

L'hiver 1937 est à ranger au rayon des jours heureux, avec le retour... en fanfare d’un ancien musicien, ramenant dans son village natal trois médailles de champion du monde de ski alpin. Emile Allais est fêté par les siens dans la joie, mais bientôt, des jours beaucoup plus sombres se dessinent.

La Guerre réduit une nouvelle fois la musique municipale à sa plus simple expression. Sa pérennité est assurée par les musiciens réformés, renforcés par des enfants du village, tandis que les premières musiciennes sur les rangs (dès 1939) sont toutes saxophonistes. A la Sainte-Cécile 1945, il faut être en possession d'un ticket pour obtenir pain et viande. Dès l'année suivante, la tenue d'un bal contribue à renflouer la trésorerie.

CHAMPS-ELYSEES

En 1954, Henri Pierret, affaibli, dirige par intérim, avec le concours de René Duvillard et Guy Besson jusqu'à son départ en 1957. Nommé par la suite chef honoraire, il s’est éteint en 1975. Les années Pierret ont vu défiler plusieurs présidents : Louis Morand, Pierre Joly, Lucien Morand, Georges Gaiddon, François Maillet Contoz et Ulysse Pache.

Le piano est l'instrument de prédilection de René Visquet, dont l'accession au poste de chef coïncide, en 1957, avec la création par la municipalité du poste de directeur de musique.
1960 est l’année du centenaire du rattachement de la Savoie à la France, que les musiciens mégevans s'en vont célébrer sur les Champs Elysées. Le début de la décennie est faste, puisque l'Harmonie défilera peu de temps après à Aix-les-Bains en compagnie de la Garde Républicaine.

L'année 1962 voit l'élection de Paul Gaiddon à la présidence, l'organisation du Festival des musiques du Faucigny et l'annonce par René Visquet de sa démission, pour raisons de santé, qui interviendra en juin 1963. Il est décédé en 1986.

DECRESCENDO

Le saxophoniste qui succède à René Visquet à la tête de l’harmonie municipale en juillet 1963 -soixante musiciens, batterie-fanfare comprise- ne restera pas longtemps à son pupitre. La personnalité de M. Merchez ne fait pas franchement l'unanimité, l'ambiance est tendue et l'effectif dégringole petit à petit. Deux ans plus tard, les quinze musiciens demeurés sur les rangs obtiennent -c'est une première- le renvoi de leur chef. Dans les mois qui suivent, ils assurent une présence lors des cérémonies et un minimum de répétitions.

De février 1966 datent les premiers contacts avec le nouveau chef, Florian Fregosi. Ils aboutissent le mois suivant et dès la reprise en main par ce clarinettiste, les musiciens réintègrent petit à petit la société, au sein de laquelle ils se comptent soixante-dix en 1970, dont vingt dans la batterie-fanfare.

RECONCILIATION, TELEVISION, MAQUIGNONS

Cette année 1970 est celle de la signature du serment du jumelage entre Megève et Oberstdorf, marquant la naissance d'une amitié entretenue depuis de de façon réciproque par les musiciens. La création des « Joyeux Maquignons », cette même année, est spontanée. Le 6 septembre, les organisateurs de la traditionnelle foire de la Croix comptent sur la venue de l’harmonie, qui marque une pause à cette époque de l’année. Devant l’insistance des organisateurs, quelques musiciens se proposent de venir jouer, sans chef, improvisant à l’aide de morceaux de leur répertoire... « en maquignons», comme ils disent. L'expression est restée, les Maquignons sont revenus avec joie, si bien que quarante ans plus tard, on conçoit difficilement une fête traditionnelle sans eux.

L'harmonie est présente lors des grands événements sportifs et culturels qui rythment la station hiver comme été, à l'image des championnats du monde de curling en mars 71 ou à l'occasion du Trophée des artistes, qui voit des célébrités se retrouver autour d'épreuves sur deux planches au début des années soixante-dix.
La décennie est marquée par plusieurs enregistrements d’émissions de télévision. En 1969 et 1970, les musiciens figurent au générique de « Télé Magazine », animé par Danièle Gilbert et Jacques Martin, venus tourner sur place. Le 29 février 1976, ils se transforment en « Musiciens du soir », titre de l’émission diffusée sur la première chaîne qui dispose ses caméras sur la scène du palais des congrès. L'harmonie renouvelle l'expérience en janvier 1978, en participant aux « Clefs de la musique ».

En 1974, Megève accueille de nouveau le Festival des Musiques du Faucigny.

NOUVEAU DUO

Et voici venir les années quatre-vingt, qui mettent tout d’abord les amis d’Oberstdorf à l’honneur, avec le dixième anniversaire du jumelage en mai et juin 1980, puis le cent-cinquantième de la musique d’Oberstdorf en septembre 1983. Celle-ci sera d’ailleurs l’invitée du 151ème  Festival des Musiques du Faucigny, dont la station est l'hôte en juin 1987.
Au cours de l’été 88, M. Frégosi prend sa retraite et part s’installer à Brive-la-Gaillarde. Octobre voit l'arrivée d'un nouveau directeur, tubiste et Savoyard de naissance, Yannick Vandini. Avril 89 désigne un nouveau président, Patrick Melchioretto.

Progressivement, l’école de musique se structure, accueillant de nouveaux professeurs.

CRESCENDO

Les années 90 sont marquées par les deux concours d’Oyonnax : en 1993, l’Harmonie obtient un classement en 1ère division, 2ème section, qu’elle améliore deux ans plus tard en montant en 1ère section. Le niveau progresse, une dizaine d’éléments rejoignent le conservatoire et en 1998 à Thonon, l’Harmonie passe en Supérieure, 2ème section.

Peu avant l'an 2000, la nouvelle appellation « Orchestre d’Harmonie » symbolise la lente mutation d’une société plus que centenaire, organisatrice du premier Festival des Musiques du Faucigny du siècle, en 2001 et dont la progression musicale reste un des buts sous-jacents. L’année 2006 voit l’obtention d’un premier prix au concours national de Mâcon, classant ainsi l’orchestre en Supérieure 1ere section.
Plus que jamais, le développement et la valeur de l’enseignement au sein de l’école de musique restent une priorité, seule garante d’une continuité à la fois qualitative et quantitative de la société.